OU CELLE D'APRES

Un texte de Christian Signol

Elle savait cela depuis toujours, bien au-delà de toute mémoire: il faut parler aux arbres, aux plantes et aux bêtes pour qu'ils vivent bien. Comme à tous les êtres vivants. Elle était bien placée pour le savoir, elle, à qui nul ne parlait plus depuis longtemps, du moins pas autant qu'elle l'aurait souhaité.

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Alors, elle leur parlait quand elle passait près d'eux, et elle allait mieux, elle se sentait vivre, elle avait appris à être heureuse de quelques mots. Comme ce soir où la nuit commençait à tomber doucement sur les pentes de la montagne, les étoiles à se rapprocher de cette terre où l'on est seul, parfois, trop seul, loin de ceux que l'on a aimés, que l'on aime, et qui, ce soir comme tant d'autres soirs, ne viendront plus.

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Que n'aurait-elle pas fait pour qu'ils lui répondent, ces arbres, ces fleurs, ces étoiles ! Et comme elle en aurait été heureuse, apaisée pour quelques instants, quelques minutes ! Et pourtant elle avait choisi cette solitude. La vie vous conduit souvent vers ce que l'on feint de choisir. Parce qu'il le faut bien. Parce que, n'est-ce pas, il faut trouver les forces de continuer quand tout vous a quitté.

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Et on les trouve, ces forces, si l'on puise bien au fond de soi, si l'on parle aux arbres, aux bêtes, si les étoiles de l'été grandissant se penchent jusqu'à vous frôler.

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